La Merced fut classée monument national en 1956, et garde entre ses murs les souvenirs de la ville morte (aujourd’hui connue sous le nom de Panama Viejo). Ses murs contemplèrent le 28 décembre 1530, les futurs Conquistadores du Pérou, et le sermon de circonstance historique prononcé par le prêtre Juan de Vargas, sur la conquête du grand empire d’Atahualpa.
L’église conserve sa façade originale, de pierre et de style baroque. Située sur l’Avenida Central, très proche de ce qui fut la Puerta de la Tierra (Porte en Terre), accès principal à la ville dans une époque où celle-ci était fortifiée. La façade principale et la petite place de la Merced donnaient donc littéralement la bienvenue à qui pénétrait dans l’enceinte.
Suivant le style habituel du Panama Viejo, La Merced possède trois nefs élevées ainsi qu’une toiture soutenue par de larges piliers de bois, un caisson mudéjar qui date de l’époque coloniale, et deux tours finies par des coupoles.
La place frontale est flanquée de deux petites chapelles dont l’une est destinée à la vénération de la Vierge de la Merced. A l’intérieur de cette première repose une peinture qui n’est autre que l’un des tableaux les plus anciens du pays, un portrait d’origine européenne datant de 1600, qui représente la Vierge de la Merced. Il fut déplacé du couvent de Panama Viejo après le pillage de 1671, sauvé alors par un dévot. L’autre chapelle est le mausolée actuel de la famille Pérez Arosemena.
L’intérieur du temple fut rénové, et le retable du maitre-autel du être refait après un incendie, en 1963. Il met en valeur une image de la Vierge de la Merced offerte par Carlos V, et apportée d’Espagne en 1722. Des travaux de rénovation au niveau des colonnes originales en bois de néflier sont en cours. Cette église est la gardienne d’une relique de Saint Pancrace, une partie de l’os de sa cheville, ainsi qu’une image de la Vierge de la Charité du Cuivre, patronne de Cuba.
Dans la sacristie, un musée regroupe toute une collection de broderies de soie, peintures coloniales, orfèvreries, argenteries, et des documents historiques religieux sur le Panama, d’une grande importance : l’Acte de la consécration de la Cathédrale Métropolitaine du Nouveau Panama qui date de 1796. Figurent aussi les actes de naissance, de baptême, de mariage et de décès des personnalités de l’époque, comme l’acte de baptême du général Tomas Herrara, les actes de mariage et de décès du premier Président de la République Amador Guerrero, et l’acte de mariage du poète Ricardo Miro. On peut aussi trouver des objets appartenant au clergé, comme le crosse d’argent qui fut un temps celle du mercédaire, frère José Higinio Durán y Martel, signataire de l’acte d’indépendance d’Espagne en 1821 en tant que représentant de l’Eglise.
Une réplique de la Constitution de la République de Panama de 1904 y repose aussi, en plus d’une chronique intéressante écrite par l’homme d’affaires panaméen Camilo Quelquejeu Araúz, sur les évènements de la bataille du pont de Calidonia entre le 19 et le 26 juillet 1900.
Le musée de l’église de la Merced est ouvert du lundi au dimanche, de 9h à 16h, et les week-ends sur rendez-vous. Vous pouvez les contacter au (+507) 262-2911 par mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .



