Victoriano Lorenzo «Le guerrier cholo»

Victoriano Lorenzo était un caudillo populaire à la tête des guérillas contre le gouvernement conservateur à partir d'octobre 1900. Après la défaite des libéraux sur le pont de Calidonia, il a établi son quartier général à Negrita (Coclé). Il a ensuite participé à la prise de différents villages de l'intérieur du territoire de l’isthme et a combattu le gouvernement sur la ligne de chemin de fer.

Né dans la province de Coclé en 1867, il est décédé dans la ville de Panama en 1903. Il fut un leader charismatique du mouvement indigène qui s’est soulevé contre le pouvoir central de Colombie à une époque où le territoire du Panama n'était pas encore souverain. Victoriano Lorenzo a défendu les droits des défavorisés dès un très jeune âge.

Confronté aux injustices commises par les caciques locaux à l’encontre de la population indigène (dont les « cholos » faisaient partie et que le caciquisme colonial appuyé par le conservatisme du pouvoir central colombien traitait comme des bêtes de somme), Victoriano Lorenzo a déclenché et a pris la tête de la rébellion des indigènes. Il a pris une part active à la guerre des Mille Jours, un conflit armé qui était à l’origine une dispute entre libéraux et conservateurs et qui a entrainé la séparation du Panama et de la Colombie.

Victoriano Lorenzo est entré dans le conflit aux côtés des « montañeros », les guerriers des montagnes, attiré par les promesses de terre et de liberté, un des mots d’ordre des libéraux. L’influence qu'il a exercée sur les « cholos » dès ses premières revendications de justice et d'égalité ont fait de lui un des meneurs les plus redoutables, car de plus en plus de défavorisés venaient grossir ses rangs.

En novembre 1902, un pacte fut signé entre les conservateurs et les libéraux à l'insu de Victoriano Lorenzo, ce qui a sonné le début de sa fin. Malgré ses tentatives de fuite, il fut capturé par l'armée et condamné à mort. Le 15 mai 1903, Victoriano Lorenzo fut exécuté sur la Place de Chiriquí, l’actuel Plaza Francia.

En 1966, l'Assemblé nationale du Panama a déclaré que son exécution était une injustice et l'a proclamé héros national.